Culture de langue

L’écriture inclusive : quand l’écrit devient l’image de la société

Plan de l'article

L’écriture inclusive : reflet de notre société ? 

L’écriture inclusive : l’écrit d’une société féministe ?

L’écriture inclusive consiste à faire en sorte que l’orthographe française fasse disparaître toute empreinte de la domination du genre masculin sur celui féminin. En effet, la langue est le véhicule de représentations et de symboles conscients et inconscients, en l’occurrence ici sexistes. La langue inclusive veut donc agir sur les mentalités et est une réelle arme politique pour les associations féministes. Ainsi, l’écriture inclusive serait bien l’écrit d’une société féministe.

Au-delà d’une arme politique pour les associations féministes, l’écriture inclusive pourrait aussi être un outil républicain. En effet, si les citoyen.ne.s se veulent tous égaux dans la société civile, cela devrait avant tout passer par le langage et l’orthographe utilisés dans les textes officiels et dans l’administration mais aussi dans l’espace public. Alors, l’écriture inclusive serait bien l’écrit d’une société républicaine qui ne ferait pas de distinction de genre, où il n’y aurait pas de domination du genre masculin sur celui féminin alors même que celle-ci est due en linguistique à la disparition du genre neutre de l’ancien français. Mais dans nos sociétés, elle est surtout le fait d’un sexisme endémique et systématique. 

Ce genre neutre, l’écriture inclusive tente de le ressusciter, en ne travaillant pas uniquement pour l’égalité hommes/femmes mais également pour les communautés LGBTQIA que la langue française, par ses règles d’orthographe qui n’acceptent que deux genres et qui favorisent systématiquement celui masculin, rejette. Cela se fait notamment avec le pronom non-binaire « iel », plutôt que d’utiliser « il » ou « il ou elle ». Dès lors, l’écriture inclusive serait bien l’écrit d’une société non-binaire, qui accepte une diversité illimité de profils au sein de la collectivité en que citoyen.ne.s égaux. Cependant, cela semble bien loin de nos réalités actuelles. 

L’écriture inclusive ne peut être le reflet de notre société actuelle

Si l’écriture inclusive faisait de notre écrit l’image de notre société, alors c’est que notre société permettrait le même accès aux biens, services et ressources aux femmes et aux hommes. Or le sexisme et la misogynie sont partout dans notre société, dans les faits et les représentations, et sont très souvent tous. 

Voici l’exemple criant de la semaine : tout le monde est au courant que le XV de France a battu la plus grande nation du rugby, les All Blacks. Le match de samedi soir (20 novembre 2021) a été très suivi partout en France et applaudi par tout un peuple réuni derrière des hommes au comble de leur gloire. Où était cet audimat, ce public, ce peuple lorsque l’équipe féminine française a accompli le même exploit quelques jours plutôt contre cette même grande nation du rugby, également à domicile, pour le même tournoi d’automne ? 

On trouvera toujours des excuses et des justifications à ce que l’équipe masculine soit plus suivie que celle féminine ; il n’empêche qu’elles auront toujours le même problème de fond : un sexisme endémique et systémique qui régit toutes nos relations en société, dès notre enfance, et qui favorise tous ceux qui se sentent bien dans le genre masculin qu’on leur a attribué en fonction de leur sexe à la naissance. 

De ce fait, on ne peut pas vraiment considérer que l’écriture inclusive fait de notre écrit l’image de notre société actuelle. Cette dernière se révèle bien trop sexiste pour affirmer cela, surtout que son usage ne convainc pas forcément une majorité des français qui ont intégré un grand nombre des mécanismes de domination masculine actifs dans nos sociétés. Ils voient ainsi dans l’écriture inclusive, le rejet de leur langue, de leur culture, de leur société qui par essence historique a toujours été sexiste et misogyne.

L’écriture inclusive : reflet d’une société future ?

L’écriture inclusive, reflet d’une partie de la société

Cependant, notre société n’est pas monolithique : elle est divisée, notamment autour de la question du sexisme endémique et systématique qui l’a régie, donc autour de l’usage de l’écriture inclusive. Dès lors, il faut reconsidérer l’image qu’elle renvoie de notre société et quels groupes elle représente en son sein. 

En effet, l’usage de l’écriture inclusive est révélateur d’un positionnement social et politique qui prône le changement face à nos habitudes sociétales réglées sur la binarité des genres et sur la domination du genre masculin sur celui féminin. Ceux qui prônent cette langue inclusive révèlent un double positionnement politique et sociétal. 

Premièrement, ils reconnaissent l’existence d’un système sexiste qui agit même sur les mécanismes inconscients du langage et de l’orthographe. Secondement, ils considèrent qu’on peut changer ce système social et que pour cela, il faut utiliser les mécanismes linguistiques, conscients et inconscients. Il semblerait donc que l’écriture inclusive ne soit le reflet que d’une partie de la société qui défend ses intérêts et ses idéaux sociaux et politiques. 

L’écriture inclusive, reflet d’une société qui évolue 

C’est bien ce double positionnement sociétal et politique qui caractérise au départ les milieux militants féministes et LGBTQIA qui prônent au travers de l’écriture inclusive une société ouverte à tous. Cependant, ces militants ne font que reprendre des motivations d’égalité et de liberté qui sont le cœur de nos principes républicains. L’écriture inclusive touche bien davantage de monde que les milieux militants : c’est l’ensemble de la population française qui est concernée. 

Ces milieux militants sont également au cœur du changement des mentalités au sein de notre société : de plus en plus de gens, notamment dans la jeunesse, combattent les systèmes de représentations sexistes, homophobes et transphobes qui caractérisent notre société. L’écriture inclusive est donc bien le reflet d’une société qui se combat elle-même pour accéder à ses idéaux républicains. 

L’écriture inclusive, reflet d’une société utopique ?

Cependant, aucun système n’atteint les idéaux qu’il se fixe. On pourrait se demander si la société de l’inclusivité est réellement réalisable dans la mesure où l’histoire nous montre bien que les sociétés humaines, notamment lorsqu’elles s’agrandissent et se mondialisent, ont toujours fonctionné sur des principes d’exclusion, de sélection et d’élection qui établissent des hiérarchies sociales et politiques.

Une société totalement inclusive, sans binarité des genres ni genre dominant, serait une utopie, ou alors les systèmes de domination se déplaceraient vers ou renforceraient d’autres mesures d’inclusion et d’exclusion sociales comme l’argent, la propriété ou la culture. On pourrait se dire que l’écriture inclusive serait donc bien le reflet d’une société utopique qui, en mettant en avant l’égalité et la diversité des genres, cacherait les autres inégalités qui régissent nos sociétés. Ce n’est pas pour autant que son usage n’est pas intéressant et nécessaire mais il faut en assumer les limites. 

L’écriture inclusive et ses problèmes d’application 

L’écriture inclusive revient-il à compliquer l’orthographe ?

Au-delà des questionnements philosophiques et politiques que suscite l’écriture inclusive, c’est bien son application qui pose problème car la langue est au cœur de nos interactions quotidiennes. Il faudrait notamment revenir sur l’ensemble des règles orthographiques alors même qu’elles nous permettent d’évoluer en société. C’est pour cela que la solution OrthographIQ vous propose une formation en ligne, courte et efficace, pour combler vos lacunes linguistiques et vous assurer ainsi une meilleure maîtrise du français. 

Quand faudrait-il commencer à enseigner l’orthographe inclusive ? Dès l’école primaire lorsqu’on apprend aux enfants à lire ? On sait toutes les difficultés que cela pose aux personnes atteintes de dyslexie. En outre, les adultes arrivent à s’y adapter mais en prennent difficilement l’habitude.   

L’écriture inclusive à quel prix ?

L’écriture inclusive n’a pas qu’un prix social, culturel ou politique, il est aussi économique et financier. L’orthographe qu’il induit donne lieu à une pagination et à une écriture plus longues de sorte qu’à très petite échelle et sur le long terme, on engage des sommes importantes, notamment pour toute la paperasse administrative ou pour l’électricité dépensée pour enregistrer les datas. 

En effet, l’écriture inclusive a bien un prix qui n’est certes pas colossal mais qui rend toutes les manipulations et les actualisations de dossiers plus compliquées puisque les orthographes ne correspondent plus entre elles. Sur le plan pratique et financier, il y a donc de nombreuses adaptations à réaliser.

L’écriture inclusive et ses champs d’application

Enfin, si l’écriture inclusive peut être considérée comme une mesure républicaine pour mettre sur le même plan tous les citoyen.ne.s au sein de la société civile, elle ne doit pas devenir une arme de la Cancel culture (culture de l'annulation). En effet, il serait ridicule de lire Flaubert en écriture inclusive. Cet auteur vit dans une société sexiste qui ne pense pas ces problématiques-ci de cette manière. Ce serait à la fois détourner l’œuvre de l’auteur telle qu’elle nous a été livrée et nier le passé et les fondements sexistes de notre société française. Ce n’est pas en gommant notre passé et notre présent sexistes que notre société sera plus inclusive. 

Les champs de l’art et de la littérature ne semblent pas être ceux que doivent toucher l’écriture inclusive sauf si des artistes sont capables de la travailler pour en faire un objet esthétique. L’écriture inclusive doit avant tout se concentrer sur la sphère publique, notamment celle étatique puisqu’elle porte en elle des principes éminemment républicains, donc dans l’administratif. Il est donc avant un moyen de communication politique et le reflet d’une société républicaine démocratique qui continue de réfléchir sur sa société et ses modes de gouvernement.  

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Publié le  
24/11/2021
 dans la catégorie :
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