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Les métiers littéraires : anciens et nouveaux

Le secteur littéraire, malgré les transformations technologiques et civilisationnelles, est toujours là et va très bien. Cependant, ce secteur est lui aussi soumis à des changements auxquels il doit s’adapter. C’est pour cela qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de métiers littéraires qui ne sont plus exercés ou sont beaucoup moins exercés qu’autrefois. Il y en a aussi certains qui n’existaient pas il y a 50 ans ! Dans cet article, on présente le panorama des métiers littéraires anciens et nouveaux. 

Les métiers littéraires pour les bibliophiles, ou les amoureux du livre

Même aujourd'hui, à l'ère de la technologie omniprésente, il y a des amateurs du livre qui veulent dédier leur vie à ce secteur. Selon le Ministère de la Culture, « le secteur du livre totalise, au sens large (édition, diffusion, distribution, commerce de détail et bibliothèques), plus de 80 000 emplois, soit un peu moins de 0,4 % de la population active mais près de 20% de l’ensemble des emplois du secteur culturel (430 000) »1. Ainsi, ils se trouvent face à un choix difficile : quel métier choisir ? 

La production du livre fait intervenir de multiples acteurs d’un processus appelé chaîne du livre. Ainsi, on parle de la création, l’édition, la fabrication ou la commercialisation d’un ouvrage. Pendant ces étapes, on fait entre autres recours à : 

Les auteurs : toujours d’après le Ministère de la Culture, on estime leur nombre en France à plus de 55 000. Ce chiffre est composé de métiers tels qu'écrivain (duquel on parlera dans le paragraphe suivant !), mais aussi illustrateur ou traducteur. Une curiosité : seulement 2 500 d’entre eux sont affiliés à l’AGESSA (Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs), et vivent alors principalement des revenus des droits perçus au titre de la propriété littéraire et artistique. Pour le reste, le métier d’auteur est secondaire et l’argent gagné à ce titre s’ajoute à leur salaire quotidien. 

L’écrivain : le métier d’écrivain nous semble crucial dans la conception du livre. Sans lui, il n’y a pas de texte, sans le texte, le livre n’existe quasiment pas. On compte la profession d’écrivain parmi les métiers de l’écriture qui se sont démocratisés avec l’apparition d’Internet, et notamment les plateformes de partage en ligne de ses créations. Ainsi, ce métier est devenu plus inclusif, puisque maintenant presque tout le monde peut devenir écrivain, avec plus ou moins de succès. L’écrivain se spécialise le plus souvent dans un genre particulier, et il y a de quoi choisir : science-fiction, romance, policier, jeunesse, historique, reportage et plein d’autres. De par sa création, l’auteur veut enchanter, intéresser ses lecteurs, et peut être leur donner envie de lire ses autres titres. L’écrivain est lié à une maison d’édition qui s’occupe de la publication de ses livres. Même si on peut se former en suivant un cursus d’études littéraires, beaucoup d’écrivains renommés sont autodidactes. Il ne faut pourtant pas oublier que même si on a un don naturel pour l’écriture et qu’à l’école on était fort dans des matières telles que le français, la majorité de notre succès dépend de l’effort que l’on fait.

L’éditeur : sa mission est de propulser un écrivain débutant en vedette du secteur littéraire, et d’ensuite encadrer la sortie du livre de son protégé génial. 10 000 éditeurs tous supports confondus publient chaque année, dans des domaines très variés : littérature, BD, santé, pratique, scolaire...3. Mais ce sont les deux plus grandes structures qui totalisent la majorité des ventes de livres, soit 35%. Les douze premiers éditeurs constituent environ 80% des ventes. On peut énumérer notamment Hachette, Editis ou encore Madrigall. Mais on voit apparaître dans ce paysage des acteurs indépendants, des petites maisons d'édition, souvent spécialisées dans un genre particulier : récemment, ce sont les livres de jeunesse, la bande dessinée et les livres pratiques qui connaissent une hausse dans les ventes. Une formation est recommandée afin d’exercer ce métier qui ne figure pas parmi les plus faciles. Ainsi, on peut opter pour des formations courtes comme DUT édition ou licence professionnelle édition. Cependant, le master édition peut considérablement faciliter notre recherche d’emploi et approfondir nos compétences. 

L’imprimeur : selon l’article du Ministère de la culture sur le marché du livre, l’impression des livres « représente 8 à 9% du chiffre d’affaires de la production d’imprimés et 7% de la consommation de produits finis graphiques. Un quart environ des entreprises de ce secteur (prépresse, imprimerie, reliure) travaille pour l’édition, soit quelque 300 sociétés de plus de dix salariés ». Pour exercer le métier d’imprimeur, on peut suivre plusieurs formations, notamment le Bac Pro production imprimée, le BTS Communication et industries graphiques option « étude et réalisation de produits graphiques » ou encore « étude et réalisation de produits imprimés ».

Le graphiste s'occupe du côté visuel du livre et de la couverture. Son travail est souvent oublié parmi d’autres métiers plus explicitement littéraires. Pourtant, c’est grâce à lui que les personnes avec une mémoire photographique se rappellent des couvertures de leurs livres préférés. Malgré que le travail du graphiste et la conception des couvertures soient la partie évidente de la chaîne du livre, et ce depuis longtemps, on peut quand même parler du changement technologique. Maintenant, tout se fait sur ordinateur (et les tablettes graphiques). 

Les lieux de vente : librairies et hypermarchés

On estime le nombre total des lieux de vente des livres à environ 25000. Sont compris parmi ces lieux des librairies, mais aussi des grandes surfaces culturelles, ainsi que les hyper- et supermarchés et les magasins populaires. Environ 15000 ont une activité régulière de vente des livres. Cependant, seuls 3500-4500 en font leur activité principale. Parmi eux, l’institution cruciale pour le secteur du livre, c’est la librairie. Malgré son rôle essentiel pour le développement de ce marché, la situation financière des librairies françaises est fragile et instable. Toujours dans l’article du Ministère de la Culture, on lit : « la rentabilité des librairies est faible, le niveau des salaires y est peu élevé et parmi les charges qui pèsent sur son résultat, le loyer et les frais d’expédition des livres ont tendance à augmenter ». Les librairies ont du mal à tenir, notamment en cette période de crise (ou post-crise). De plus en plus souvent, la question se pose : Le métier de libraire est-il voué à disparition ? (lien pour le futur article sur les librairies). Cependant, et paradoxalement, l’arrivée de l’épidémie du coronavirus a provoqué une hausse dans les ventes de livres, et les librairies sont devenues des lieux fondamentaux pour la communauté. 

Est lié à cet endroit magique le métier de libraire, dont les conseils et le niveau de l’expertise sont inestimables. Libraire est l'un des métiers littéraires qui existe depuis l’Antiquité ! Le plus souvent, il s’occupe de tout dans son royaume : c’est lui qui choisit les livres, qui s’occupe des commandes, du stockage, de la réception, et bien évidemment de la vente et de l’encaissement du client2. Afin d’exercer ce métier littéraire, on peut se tourner vers de nombreux cursus tels que le brevet professionnel libraire, le DUT information-communication option métiers du livre et du patrimoine, ou encore la licence professionnelle édition et commerce du livre, spécialité librairie. 

On peut énumérer aussi le métier de bibliothécaire, puisque c’est peut-être grâce à lui que votre amour des livres pouvait être régulièrement nourri. Le bibliothécaire s’occupe de la gestion du fonds documentaire constitué des livres, mais aussi des magazines, des films ou encore des CDs. Il identifie et répertorie les livres, mais participe aussi à la sélection des ouvrages à acheter (et vous pouvez lui suggérer des livres ou des films que vous voulez lire ou regarder !). Pour devenir bibliothécaire, vous devez passer un concours de la fonction publique de catégorie A, B ou C.  

L’amour ou la haine du livre, ou le métier de critique littéraire 

Le métier de critique littéraire peut plaire à de vrais amoureux du livre, puisqu’il est payé pour lire, et il doit lire beaucoup. Cependant, la lecture doit être approfondie, et l’éventuelle critique : constructive ! Ainsi, à travers ses critiques, le critique littéraire donne son avis sur les livres, tout en influant sur les achats d’autres amoureux du livre. Il doit alors expliquer clairement son amour ou sa haine envers un ouvrage, mais aussi être capable d'expliquer le livre en utilisant un vocabulaire simple. Auparavant très prestigieux, le métier de critique littéraire en France a été exercé par les auteurs d’art poétiques comme Vauquelin de La Fresnaye ou par les grammairiens tels que Vaugelas ou Gilles Ménage4. Mais la critique littéraire a aussi été l’affaire des grands écrivains de la prose : Voltaire a écrit son Temple du goût, Jean-Jacques Rousseau : Lettre à d’Alembert, et Stendhal Racine et Shakespeare. 

Aujourd’hui, le critique littéraire est le plus souvent affilié à un média journalistique ou un magazine. On voit de plus en plus souvent des critiques qui gagnent leur vie en tant qu’auteurs de blog. Cependant, cette activité indépendante est rarement la principale, pendant que les auteurs associés à la presse peuvent exercer le métier de critique littéraire en plein temps. Il n’y a pas de formation en critique littéraire. On peut pourtant passer une formation en journalisme ou autre afin de perfectionner nos compétences rédactionnelles. 

Mais, vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation... ou les anciens métiers littéraires

Grâce au, ou à cause du développement constant de notre civilisation, il y a des métiers littéraires qui ont disparu : le plus souvent, ils ne sont plus exercés puisqu’ils ont été substitués à une machine qui peut faire le travail à leur place. On parle alors de l’automatisation du travail qui est à la source de ces changements, pas pour autant si récents. Ici, on vous présente quelques métiers littéraires anciens. 

  • Scribe – au sens historique, le scribe était une personne qui pratiquait l’écriture. Son activité consistait à écrire à la main de diverses documents administratifs, religieux ou juridiques, ainsi que des documents privés (un métier de l’écriture par excellence). Le scribe, notamment dans l’Egypte antique, a été un fonctionnaire lettré et éduqué dans l’art et l’arithmétique. Son travail et ses compétences étaient indispensables pour le fonctionnement de son pays. Le scribe le plus connu de l’Egypte antique est probablement Otis du film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre !

  • Copiste, dont le travail ne diffère pas de celui du scribe. C’est plutôt la période qui change : on parle des copistes pendant le Moyen Âge, où ils copient des livres à la main pour la population alphabétisée, donc la faible minorité de la société. Les copistes étaient les plus souvent des moines. Ils exerçaient cette profession à l’atelier, appelé le scriptorium. Ce métier a été de moins en moins exercé dès l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles par Johannes Gutenberg en 1450.

  • Brocheur - était la personne qui reliait des livres en assemblant les feuilles et les cousant à la main. Cette profession a disparu au début du XXe siècle avec la mécanisation de la reliure. On parle aussi du métier de relieur-doreur, qui est assez proche de ce premier. Autrefois, il consistait à protéger des manuscrits et des livres imprimés. Cette profession est toujours exercée, mais les professionnels de cette niche sont beaucoup moins sollicités qu’avant. Souvent, les relieurs-doreurs travaillent sur des livres anciens qu’ils nettoient et restaurent, pour ensuite procéder à la dorure de la couverture et des pages intérieures afin de les embellir. Aujourd’hui, ce sont aussi les restaurateurs de livres anciens qui peuvent s’occuper du sauvetage des livres d’il y a quelques siècles.

  • Courtier des livres – cette ancienne forme de commerce a été largement utilisée pour la vente des encyclopédies. Selon le Ministère de la Culture, les dictionnaires et les encyclopédies, les livres scolaires et scientifiques, enregistrent ces dernières années un développement de moins en moins favorable. Ainsi, la vente par courtage a presque complètement disparu, et la possibilité d’achat de ses livres en ligne y a sûrement, et largement, contribué.

Les livres sont indispensables dans notre vie. Peu importe si c’est L’essentiel de l’orthographe pour les nuls, Simplissime 1000 recettes, ou À la recherche du temps perdu, lire ou même de feuilleter un livre est un plaisir et une expérience particulière. Les métiers littéraires, eux aussi, sont partie intégrante de cet univers qui demeure, mais change avec le temps. N’oublions pas que c’est principalement grâce aux livres qu’on acquiert et approfondit ses compétences : en orthographe, en histoire et en toutes autres matières qui nous enrichissent. 

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Publié le  
13/1/2022
 dans la catégorie :
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