Pédagogie

Dyslexie adulte : quel impact sur l’orthographe ?

Dyslexie chez l’adulte et maîtrise de l’orthographe

Peut-être avez-vous des souvenirs pénibles de lecture à haute voix ou de compréhension de texte lors de votre scolarité. Vous aviez du mal à déchiffrer, votre capacité de concentration était plus courte que celle de vos camarades et écrire sans faute était un véritable combat. Vous avez été diagnostiqué dyslexique ou vous avez vécu votre scolarité avec ce doute, cette sensation de subir un trouble des apprentissages qui entravait vos capacités à lire et à apprendre l’orthographe. Aujourd’hui encore, vous trouvez des astuces pour ne pas avoir à admettre que rédiger un rapport ou des mails vous met en réelle difficulté. Pourtant, mieux comprendre le lien entre apprentissage de la lecture et orthographe peut vous permettre de surmonter ce sentiment de malaise et de vivre une carrière sereine. Dyslexie chez l’adulte : état des lieux.

Apprentissage de la lecture et de l’orthographe : leurs liens, leurs différences

La lecture et l’orthographe utilisent les mêmes processus cognitifs. En effet, pour apprendre à lire et à écrire, l’enfant doit réaliser qu’il existe un lien entre les lettres (graphèmes) et les sons (phonèmes). Pour la lecture, il s’agit de transformer les lettres en sons. Concernant l’écriture, c’est l’inverse. Or, le français fait partie de cette famille de langues dites « opaques » : la transcription écrite du français n’est pas une simple transposition de sons en mots, comme pour l’italien ou le finnois. En français, la relation lettres-sons n’est pas prédictible à 100%. Par exemple, puisque nous avons 36 sons et seulement 26 lettres, nous devons parfois employer des combinaisons de lettres pour les traduire à l’écrit (ex : -an, -on, -in). A contrario, des sons identiques peuvent s’écrire de plusieurs façons diverses : ils existe 11 manières différentes d’orthographier le son /k/ !

Par ailleurs, les compétences en lecture et orthographe se renforcent de la même manière, grâce à la compréhension du système alphabétique et la rencontre récurrente de mots qui finissent par devenir familiers : ils forment le stock orthographique.

Pourtant, il est plus facile d’apprendre à lire qu’à orthographier correctement. On peut déchiffrer des mots que l’on serait incapable d’écrire sans modèle. Plus surprenant encore, on arrive plus aisément à repérer des erreurs orthographiques parmi plusieurs propositions qu’à écrire ce même mot sans faute. La reconnaissance est donc plus simple que la restitution.

Apprendre l’orthographe demande donc un effort soutenu qui dure toute la scolarité, parfois jusqu’à l’âge adulte, même en l’absence de trouble. Cet apprentissage nécessite de la précision et un effort de rappel : pour orthographier correctement, les lettres d’un mot doivent toutes être présentes et dans le bon ordre, y compris les lettres muettes. À cela s'ajoutent les autres informations dont les mots sont porteurs : accord et conjugaison. Bref, l’orthographe française est complexe et son apprentissage, exigeant.

Pour résumer : la lecture et l'orthographe ont des points communs : la maîtrise du système phonologique et alphabétique. Elles ont aussi leurs différences : on peut lire correctement des mots qu’on ne sait pas écrire tandis que l’inverse n’est pas vrai.

La dysorthographie : un trouble associé à la dyslexie

La dyslexie est un « trouble de la capacité à lire, ou difficulté à reconnaître et à reproduire le langage écrit » (dictionnaire Le Robert) qui s’associe souvent à la dysorthographie, puisque les deux compétences sont liées. C’est ce que confirme Hélène, bibliothécaire et dyslexique, qui témoigne sur France Culture : « C’est quelque chose qui est là depuis toujours, j’ai eu pas mal de difficultés à apprendre à lire et à écrire, pour diverses raisons, y compris peut-être des raisons médicales de dyslexie. J’ai toujours eu ce souci avec l’orthographe. » 

Pour les dyslexiques,  la mémorisation n’est pas toujours au rendez-vous. Pour cette raison, le stock orthographique, évoqué plus haut et qui concerne l’orthographe lexicale (la forme des mots telle qu’on la trouve dans le dictionnaire) est pauvre. Ce déficit peut s’accompagner d’un manque de maîtrise en orthographe grammaticale et en conjugaison. Pour toutes ces raisons, l’apprentissage de l’orthographe est coûteux et ces difficultés perdurent au-delà de la période scolaire pour les dyslexiques.

Ainsi, pour un adulte, la dyslexie-dysorthographie s’exprime à travers un ou des symptômes récurrents : 

- il fait des erreurs en orthographe d’usage ;

- les règles grammaticales sont vides de sens ;

- il est incapable de repérer les éléments d’une phrase (nom, déterminant…) ;

- il a tendance à complexifier l’orthographe ;

- il peut faire différentes erreurs sur un même mot dans un même texte ;

- son graphisme est irrégulier ;

- il met du temps à écrire, à copier.

Pour compenser ces difficultés, l’adulte dyslexique va utiliser beaucoup d’énergie cognitive et d’attention, ce qui peut par ailleurs dégrader la qualité de son travail. Il va parfois s’en trouver affecté et perdre confiance en lui.

Pour résumer : la dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages. Les dyslexiques sont souvent aussi dysorthographiques. Ils mettent plus de temps à maîtriser l’orthographe des mots courants et ont généralement de faibles performances en grammaire. Écrire est souvent une épreuve à surmonter.

Soigner la dyslexie, c’est possible ?

Le diagnostic de la dyslexie chez l’adulte est le fruit, comme pour l’enfant, d’un bilan réalisé auprès d’un.e orthophoniste, spécialiste des troubles du langage. La dyslexie ne résulte ni d’un mauvais enseignement, ni d’un manque de motivation ou d’intelligence. Les études tendent à confirmer l’hypothèse génétique et/ou cérébrale, associée à un faisceau de facteurs de risques qui déclenchent la perturbation de l’apprentissage de la lecture.

C’est pourquoi la dyslexie ne se soigne pas et peut engendrer de la souffrance : 

- fatigue ;

- découragement ;

- baisse de la confiance en soi.

Pour autant, les enfants et les adultes dyslexiques ne manquent pas de ressources et font souvent preuve d’inventivité pour surmonter leurs difficultés. Un individu dyslexique développe une aisance orale remarquable ainsi que son vocabulaire. Il fait montre de créativité et de sensibilité. Il n’hésite pas à faire appel aux autres pour compenser ses lacunes et développe son sens de la tempérance et du travail en équipe.

Pour résumer : la dyslexie ne se soigne pas et peut être source de souffrance. Pourtant, les adultes dyslexiques sont souvent des atouts dans un groupe grâce à leur ingéniosité et leur diplomatie.

Dyslexie de l’adulte au travail : apprendre l’orthographe lorsqu’on est dyslexique, c’est possible

Un adulte dyslexique au travail va forcément se demander s’il doit informer son employeur de ses difficultés avec le langage écrit. Beaucoup préfèrent passer sous silence ce handicap qui les freine au quotidien. Or, faire accepter des fautes d’orthographe récurrentes sans en expliquer la cause peut finir par leur porter préjudice. En effet, les autres ne comprennent pas pourquoi ce collègue laisse autant de coquilles, et peuvent faire des remarques humiliantes ou condescendantes. Il faut encaisser les critiques du supérieur sans pouvoir répliquer. Les dyslexiques usent de tout un arsenal de stratagèmes pour éviter de rédiger un rapport ou pour trouver quelqu’un de confiance pour le relire.

Pourtant, informer sa hiérarchie de sa dyslexie, c’est pouvoir bénéficier d’aménagements et mettre enfin toutes ses qualités au service de l’entreprise grâce à :

- un écran plus grand ;

- un correcteur orthographique ;

- un logiciel enregistreur ;

- un logiciel de synthèse vocale pour la lecture des textes ;

- un logiciel de reconnaissance vocale pour la dictée des textes ;

- une remise à niveau en orthographe.

En effet, même si la dyslexie-dysorthographie ne se soigne pas, les prises en charge permettent de fluidifier considérablement le rapport à l’écriture. Un adulte dyslexique, conscient des efforts à fournir, sera plus motivé qu’un enfant ou un jeune. Le suivi est ainsi plus efficace et allège l’effort à fournir pour écrire sans faute. Souvent, un entraînement plus intensif et régulier que pour ceux qui n’ont pas de trouble vient à bout des erreurs les plus courantes en orthographe.

Il est donc tout à fait possible d’effectuer une remédiation du niveau d’orthographe grâce à une formation, financée par le CPF. Apprendre l’orthographe avec OrthographIQ, c’est bénéficier d’une méthode qui rompt avec les souvenirs scolaires :

- micro-learning : 8 minutes de concentration chaque jour pour un maximum d’impact ;

- feed-back instantané pour se rassurer ;

- reprise régulière des notions pour consolider une mémoire fragilisée par le trouble ;

- gamification pour entretenir la motivation.

On peut également choisir de se faire suivre par un.e orthophoniste qui appliquera des techniques de mémorisation spécifiques.

L’adulte dyslexique n’est pas condamné à produire des textes incorrects toute sa vie. C’est ainsi qu’Hélène, qui doit écrire régulièrement, conclut son témoignage : « Le zéro faute, pour moi c’est...j’ai l’impression d’avoir réussi quelque chose, d’avoir pris une revanche sur les très mauvaises dictées que j’ai eu, d’avoir pris une revanche sur les très mauvaises notes en orthographe et en conjugaison que j’ai pu avoir. C’est vraiment une victoire. »

Pour résumer : un adulte dyslexique au travail n’a pas à cacher son trouble. Il peut au contraire demander des aménagements pour mieux vivre son handicap et demander à suivre une formation de remise à niveau en orthographe pour faciliter le passage à l’écrit.

Dyslexie chez l’adulte et maîtrise de l’orthographe : en bref

- La dyslexie et la dysorthographie sont des troubles dys souvent associés car ils relèvent des mêmes processus cognitifs.

- Lire, de même qu’écrire constitue une épreuve pour un adulte dylexique dans le cadre de son travail, surtout s’il cache son handicap.

- Même si la dyslexie ne se soigne pas, une rééducation ou une remise à niveau en orthographe allège considérablement les efforts pour écrire sans erreur. Il faut mettre le focus sur la régularité de la prise en charge, pour compenser le trouble.

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Publié le  
1/4/2022
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